100 KMS DE MILLAU COMME UN REVE

 

Millau, le rêve

 

A l'issue de la 6000D j'avais prévu de m'attaquer à quelque chose de « lourd » ! Connaissant mon planning à l'avance, je découvre heureux que je me peux m'engager sur les 100 Kms de Millau, comme je l'avais rêvé plus jeune lors des reportages vus ou lus sur ces joyeux fous cent bornards. J'en parle dès notre retour d'Aime à mon ami Jean Michel tout juste finisher de l'ultra 6000D. Il trouve mon idée sympa et pense aussi tenter l'expérience.

 

L'idée fait son chemin et Jean Michel, voulant participer au trail des aiguilles rouges, me propose de m'accompagner en tant que suiveur. Quelle bonne idée !!! Faut dire que j'avais oublié ce détail là : les 100 kilomètres s'est jouables mais avec un accompagnateurs c'est gagnables, si je puis dire ! Inscription terminée, le rendez vous est pris avec Jean Mi, pour un départ dès vendredi après midi. Entre temps je peux rajouter un petit détail : ma chérie a trouvé du boulot et on doit la déménager. C'est donc par un marathon de déplacement de meubles et de cartons que je parachève ma préparation à deux jours des 100 kms.

 

Vendredi 25 septembre 2009, Jean Michel me récupère en Haute Loire, pour se rendre à Millau : Arrivé début de soirée, duvets déployés sur nos lits de camps, dossard retiré... et enfin on peut avaler la pasta partie !

 

Samedi : La nuit fut bonne et vers 07 heures, nous nous retrouvons à un bar pour un grand café. Deux Dijonnais sont présents prêts à courir : je leur parle de mon intention de courir dans le temps de huit heures. Je sens en eux l'interrogation. « Il ne connaît pas Millau et veut terminer ce 100 bornes en huit heures, il est fou ou rêveur » doivent-ils penser. Nous traversons la route pour entrer dans une petite boutique pour acheter un peu d'eau. Le contact passe bien avec le patron, un grand fan des produits bio et pari est pris avec lui de partager un morceau de gâteau et un petit vers en cas de réussite à la course. Retour à la voiture : préparation du vélo pour Jean Mi, et les affaires de sport pour moi. Surprise : j'ai oublié mon débardeur ; je retourne à l'inscription pour acheter le t-shirt de l'année précédente !

On est prêt : Jean Mi et moi nous nous séparons : lui doit rejoindre la zone d'attente des vélos et moi la ligne de départ en cortège derrière une super fanfare. On prend une dernière photo et...je crois qu'on comprend que l'on va vivre quelque chose de grand.

 

10 heures : départ donné. Rapidement trois coureurs s'échappent. Après quelques kilomètres je rattrape le troisième, un coureur engagé sur le marathon. Jean Michel nous rejoint à vélo dès le 7ème kilomètre. Nous allons alors partagés, tous les 3, près de vingt kilomètres ensembles : il m'explique qu'il faut se méfier sur les 100 Kms, lui-même ayant participé à l'édition précédente. A la première bosse sérieuse, je me retrouve seul à la poursuite des deux leaders.

 

Passage au marathon en 02 heures 50, je suis le deuxième de la course. Jean Mi, se demande ce que l'on est en train de faire... On n'a pas atteint le 45ème kilomètres que le leader est contraint à l'abandon. Je suis en tête ! Waouh ! L'aventure se transforme en rêve. Je suis le leader, rapidement de nombreux cyclistes se mettent derrière nous, la scène est magique. Ce moment grandiose va durer environ 20 kilomètres. Je vais gravir la montée sur le viaduc depuis Raujolles, puis les passages de St Georges de Luzençon et St Rome de Cernon et enfin franchir Tiergues en tête avec un écart fondant comme neige au soleil. C'est dans la descente sur St Affrique que Christophe Morgo vient me doubler. Je le verrai descendre plus vite que moi et prendre des minutes et des minutes d'avance.

St Affrique : le passage de cette petite ville est synonyme de retour sur Millau. Il va falloir un soutient moral énorme de Jean Michel pour tenir. Je remonte sur Tiergues tant bien que mal. La descente est dure. La suite est un calvaire : la route en légère descente jusqu'à St Georges de Luzençon me semble interminable. Les encouragements des coureurs que je croise me permettent de ne pas m'arrêter mais ce sont, malgré tout, les minutes, que dis-je les heures d'encouragements de Jean Michel qui vont m'aider à franchir les kilomètres me rapprochant du retour. La dernière montée sur le viaduc : un cycliste local nous rejoint. C'est Alex. Il va m'accompagné jusqu'à l'arrivée et me faire de précieux pointages : il m'annonce la mauvaise nouvelle. WELTE Jean-baptiste, me rattrape et l'écart fond entre nous.

 

C'est au 95ème kilomètres, soit à 5 de l'arrivée que j'entends un « oh M...! » de Jean Michel : ça y est je suis rattrapé ! Je ne sais ce qui ce passe à ce moment précis mais je retrouve mes jambes. Je vais terminer ces 5 derniers kilomètres à la bagarre avec une grosse moyenne de près de 15 à l'heure, et ce, sous des cris d'encouragements de Jean Mi et Alex, relayés par les gens des terrasses des bars de Millau : C'est énorme ! Jean Mi ne s'arrête plus ! On arrive au parc de la victoire, j'ai repris une petite avance, je rentre dans le parc et suis bientôt rejoint par les enfants de l'école d'athlétisme de Millau. Je vis un instant magique.

Je termine deuxième, ici pour les 100 Kms de Millau ! Je vis un vrai rêve, Jean Mi me rejoint. On tombe dans les bras l'un de l'autre. Même Alex que je ne connais que depuis une petite heure semble touché ! C'est grandiose. Rapidement on me sort du rêve et « m'enferme » dans le salle de contrôle anti dopage, bientôt rejoints par de nombreux champions et belles championnes comme Brigitte Bec et FONTAINE Anne-cecile.

 

Douche prise, repas avalé, pas le temps de dire ouf et nous voilà en voiture : Jean Michel cour les « aiguilles rouges » près de Chamonix dans quelques heures...

 

Ci joints l'interview de RUN IN LIVE

 

 

ULTRA - 100 KM DE MILLAU
Le dauphin a la parole, entretien

 

A 28 ans, Bastien Bravais se considère « Comme un gamin sur la distance ». Ce Drômois participait là à son premier cent km. Il franchira la ligne d'arrivée en seconde position, dans le temps de 8h16'12''.

 

.A l'occasion de ton premier cent km, pourquoi avoir choisi Millau ?
-J'ai choisi Millau, car ce cent km est entrée dans la légende. Tout petit, lorsque je regardais Stade 2, j'ai pu voir des reportages sur les cent km de Millau et je me suis dit qu'un jour, je les courrai. Ca ne fait qu'un an que je pratique la course à pied. Je me découvre. Auparavant, j'ai fait 17 ans de judo.

 

.Qu'as-tu ressenti avant le départ ?
-Je me disais que j'allais me lancer dans l'inconnu, mais j'avais l'ambition de terminer en moins de 8 heures. Bon, j'ai mis 15' de plus que l'objectif prévu. Ce n'est pas grave, je ferai mieux la prochaine fois.

 

.Comment as-tu vécu cette première ?
-J'ai été rapide durant les 50 premiers km. Je suis passé au marathon en 2h50'. C'était grandiose. J'avais l'impression de vivre un rêve. Par contre, quand j'ai explosé au 65ième km, j'ai pris un coup au moral, mais je me suis accroché pour garder la seconde place et c'est génial de monter sur le podium, à l'occasion de son premier cent km. Mais, je tiens à signaler que je dois beaucoup à Jean-Michel Touron, mon accompagnateur. Dans la gestion de l'inconnu, il a fallu que je m'adapte et lui a su m'aider à gérer les périodes difficiles. On se connait depuis peu, mais on en a plus appris l'un sur l'autre aujourd'hui. Par moments, pris par l'émotion, nous pleurions. Nous avons vécu un grand moment de partage. Sans son soutien et celui du public, plus celui des coureurs que nous croisions, je ne nais pas, si j'aurais été au bout. Je fonctionnais au mental, en me disant que chaque km accompli me rapprochait de l'arrivée. Dans les côtes, ça allait, mais dans les descentes étant un coureur lourd pesant 83 kg, pour 1,82 mètre, ça me faisait mal au niveau des genoux. J'ai beau faire attention, je ne perds pas de poids. Ce sont les restes du judo. Aussi, à un moment, j'ai ressenti une certaine monotonie. Je suis plus habitué à la course nature et au trail. J'ai terminé 11ième de la 6000 D. En nature, on vit constamment des changements de rythme, alors que là, on a toujours les yeux rivés sur le chrono.

 

.Participeras-tu de nouveau à un cent km ?
-Déjà mon prochain objectif, c'est la SaintéLyon. Mais gendarme mobile, il m'est difficile de programmer des épreuves. Je suis souvent en déplacement et je vais bientôt partir outre-mer. Donc, pour un cent km, on verra.

 

Christophe Rochotte

Photo : Gilles Bertrand

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Commentaires (4)

Eric Legat
  • 1. Eric Legat | 30/10/2009
Bonjour,
par hasard je tombe sur votre récit de la piste des seigneurs, sympa malgré une fin différente de vos ambitions, puis parcourant votre blog, je constate votre brillant résultat à Millau.
Bref, toutes mes félicitations, en espérant vous rencontrer un jour pour à priori partager sur nos passions communes. Peut-être à la Saintélyon 2009 ?!!!...
Bravo en tout cas et bonne continuation
moi même
  • 2. moi même | 03/11/2009
c'est avec plaisir, que je constate que c'est un "monsieur" de la course et spécialiste des 100 kms, qui me laisse un commentaire...
Merci pour ces mots d'encouragements et ce sera avec plaisir que je viendrais me présenter à Sainté ou Lyon, et même pourquoi pas sur le podium...(qui sait?)
Pour le moment préparation en Haute Loire(St julien chapteuil).
A bientôt.
Bertrand Cochard
  • 3. Bertrand Cochard (site web) | 04/11/2009
salut Bastien,
Bravo pour ta course de millau. Je viens de parcourir ton blog, et j'aime bien ton parcours. Je suis impressionné par ton chrono sur semi un mois après Millau.

Sinon merci pour ton mot pour le Spartathlon, j'espère te voir très bientôt en Drôme, Ardèche ou ailleurs.

Bertrand
moi même
  • 4. moi même | 06/11/2009
Salut Bertrand, content de lire ton commentaire, peut être serais je présent au challenge Alain Hartz.
Sinon je suppose que tu ne seras pas à Saint-Etienne (j'ai lu que tu préparé Le Puy Firminy)?
A bientôt, Bastien

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