Acte 1

L'histoire d'un renouveau, d'un recommencement, d'un retour... « Oui oui » redécouvre la course à pied

 

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Un UTMB raté, un changement de vie de couple, une fatigue nerveuse voilà les principaux ingrédients de ce nouveau chapitre...

 

Il y a longtemps, très longtemps, dans une lointaine contrée, l'histoire, d'un coureur néophyte, débutait. En effet la mue fut longue, mais l'équivalent d'une olympiade plus tard, naquit ce que j'appellerai maintenant le nouveau « Bastien baskets au pied »... disons le BB !

Le sport, le travail, la vie et toutes ses contraintes, sont tellement de paramètres à gérer qu'un grain de sable, dans cet engrenage complexe, suffit pour tout dérégler, gripper la machine, bref « faire bugger le système » !

C'est ce qui se passe ce jour durant l'UTMB 2012 : la tête ailleurs, le corps meurtri par le froid, et l'envie de ranger définitivement les « runnings » au placard, quitter les NB, brûler les dossards, jeter la montre, rogner le chrono, apparaît...

Les jours suivants, le sentiment de frustration laisse place à celui de la sérénité : plus d'objectifs, de préparation, de course en vue, juste le plaisir de vivre et de faire du sport sans « prise de tête ».

 

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Quelques footing passent, ma nouvelle vie amoureuse évolue, et le plaisir des séances « qui piquent » réapparaît. Il ne m'en faut pas plus pour contacter Jack et lui demander un dossard pour l'Endurance Trail des Templiers à Millau (12). Une centaine de kilomètres plus tard, c'est en coureur tout neuf que je savoure une huitième place anecdotique, mais véritablement plaisante. Après avoir mené quelques kilomètres et cédant la première place vers le soixantième kilomètre, j'ai ensuite subi la fin de course et abandonné les places d'honneurs au rythme de l'apparition des différentes douleurs physiques parcourant mon corps et me rappelant inexorablement le manque de préparation... Malgré cela, c'est le sourire aux lèvres, que je retrouvais le soir même ma fiancée Stéphanie, heureux de ces sensations de compétition retrouvées.


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A nouveau motivé, le retour sur la piste montre au poignet, fut plus facile que prévu. C'est donc lors de ce début de mois de décembre que je rejoins le Gard pour participer à l'hivernatrail et retrouver les copains du Team (Jack, Juju, Stéph). Sous le soleil du sud-est de la France, la vie parait plus facile, et bien pour le trail c'est la même chose ! Une trentaine de kilomètres à travers la végétation gardoise, un enchaînement ludique de petites ascensions, il n'en faut pas plus pour comblé le coureur en recherche de plaisir que je suis ce jour... Je m'accroche aux meilleurs du moment, mais quelques problèmes techniques (oui promis je vais lire les aventures de « Martine t'apprend à faire les lacets ») et une quinzaine de kilomètres plus tard je commence à perdre pied. Le podium au scratch, je ne le reverrai plus, il ne me reste plus que cette satanée place de la médaille en chocolat à défendre. Dans la douleur là encore, sourire aux lèvres toujours, le bilan de cette journée glaciale est positif. Une place derrière des garçons au top en cette fin d'année, et devant quelques bon compétiteurs, la suite de l'aventure devrait s'écrire sous les plus meilleurs auspices pour cette année 2013, à condition de garder cette envie et monter en puissance lors des entraînements.

 

Pas de place pour le repos, je profite du climat grenoblois, gris et froid, pour cumuler les kilomètres sur les pistes quelle soient cyclable ou bien d'athlétisme avant que la neige ne fasse son apparition. C'est dans ce contexte que je participe au cross de pont de claix, pour parfaire une belle matinée sportive mêlant VTT et sortie trail. Sans pression, je rejoints la ligne de départ, NB1010 (minimalistes) aux pieds et même coupe vent sur les épaules, je ressemble à tous sauf à un cross-man. La course, longue de 6 kilomètres, comporte 4 boucles... C'est la dernière qui me sera fatale pour envisager un podium, je prends une 6ème place accessoire, et retourne au boulot avec la sensation du travail bien fait ! Le travail commence à payer...

 

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La vie dans la capital des alpes en plein janvier n'est jamais de tout repos. Hormis une semaine sous le soleil des vacances, c'est les pieds dans la neige que je dois trouver la possibilité de passer des séances toutes plus compliquées les unes que les autres. Pour valider ce retour de fraîcheur, je décide de m'aligner sur une manche très roulante du TTN court à Montanay (69). Février, un dimanche matin dans le Rhône : aux premières lueurs de cette journée glaciale, un millier de coureur récupèrent leurs dossards. Aux odeurs d’arnica et de chauffe muscle en tous genres, se mélange une atmosphère chargée de testostérone. La course va être électrique, les différents maillots de club, indique la provenance, de tout l'hexagone, des prétendants à la victoire. L'heure fatidique approche. Sur la ligne de départ, les regards sont fermés, le stress prédomine. Je savoure, quelques mois auparavant je n'aurais même pas envisager cette participation. La course, bien entendue ultra rapide, me permet malgré mes moyens encore un peu limité, de jouer avec les grands. La supercherie ne dure qu'un peu plus de 5 kilomètres et le passage en 16 minutes et 30 seconde au 5000 sur ce terrain varié et gras, est bien trop rapide pour moi. Douzième à mi course, je vais, au courage, combler quelques place et me placer à une belle 8ème place. Il me reste encore du travail, mais les sensations sont bien là. La présence de ma fiancée me réconforte et voir son sourire et sa fierté à mon arrivée, recharge mes batteries pour repartir sur de nouvelles charges d’entraînement.

 

Les séances payent, les sensations sont bonnes et tous les voyants sont au vert. Fort de se sentiment de réussite, je me verrai bien retourner à Gruissan pour vendre chèrement ma peau à cette première épreuve du TTN long. Je n'irai pas mais ce besoin de l'affrontement dans les grandes compétitions et sur des distances de plus en plus longue, sont le résultat d'une quiétude retrouvée. Non je n'irai pas...à la place je retrouve en ce week-end de saint valentin les copains du Team New Balance, dans ma chère Drôme natale. Au menu, présentation, dotation, shooting photo, et plein de plaisirs culinaires sont prévus. La course du trail d'Eurre sonnera la fin de ce rassemblement. 14 kilomètres vallonnées, sur les communes d'Eurre et d'Upie autrement dit les terrains de jeu favoris de Jack, serviront de parcours pour cette petite course dominicale, rassemblant quand même près de 300 coureurs ! A ce petit jeu, les nouvelles couleurs orangés de notre maillot NB, vont être à l'honneur. Si certains sont en préparation de grande courses, d'autre comme Juju, Sylvain, Mika et moi nous nous prêtons au jeu en prenant les commandes dès les premiers hectomètres pour ne plus les lâcher avant l'arrivée. Sans se faire vraiment de cadeaux et en maintenant un rythme assez soutenu, nous franchissons main dans la main la ligne d'arrivée en vainqueur à 4 !

 

J’enchaîne. Pas le temps pour la récupération. Jean (Ergysport) me redonne les clés de l'équilibre alimentaire et intestinal, depuis quelques temps le fonctionnement de mon corps est optimal. Un véritable protocole à suivre tous les matins, des petites gélules à prendre les soirs, un mode d'alimentation à respecter, des contraintes me direz vous : pas le moins du monde, car le bénéfice que l'on en retire et sans commune mesure avec les obligations nécessaires.

Valider, entériner, approuver ou encore confirmer, ce sont ce termes qui me viennent à l'esprit pour décrire mon ressentiment à l'approche des nouvelles échéances. Je dois être sûr de mes progrès. Mais se tester n'est pas chose aisée. Je choisis le mode course régionale pour monter doucement en puissance et, surtout pour être honnête, ne pas trop « ramasser » lors de ces sorties hasardeuse, dossard à la poitrine. Villemoirieu et son cross des Foyesses, me sert, à une semaine de mon échéance semi marathon, de test grandeur nature. Départ commun aux deux parcours, au bas mots, le premier de dix et le deuxième de vingt kilomètres avec environ un dénivelé positif de six cents mètres, les premiers hectomètres ne devraient pas être lents surtout que le départ est descendant ! Surpris, je me retrouve aux avants postes, dès le départ et je ne lâcherai jamais ce leadership, en m'imposant en 01h20 et laissant mes poursuivants à plus de six minutes.

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Les séances de fractionnés, les enchaînements de seuil et les sorties footing en rythme semblent donc payer, confiant se rejoints donc ma ville de jeunesse, à savoir Bourg Lès Valence dans la Drôme. Un semi marathon est au programme, je dois maintenant m'accrocher sur cette distance mythique supérieur à 21 kilomètres afin de connaître véritablement mes progrès de ce premier trimestre 2013. Confiant je me présente au départ et, attentif comme d'habitude, j'apprends la présence de quelques coureurs aux records en deçà de la barre symbolique des 01h10. Pas d'inquiétude, je n'ai d'autre ambition que celle de donner le meilleur de moi même et non de me confronter aux autres ! La course en décidera autrement et dès les dix premières minutes de course je vais être seul aux commandes et je ne serai jamais rejoints. Avec comme objectif avoué de passer sous la barre des 01h11, je serai mi figue mi raisin à l'arrivée en m'imposant en 01h11'51'' sur un parcours dépassant la distance officielle (garanti par de nombreux coureurs, à confirmer...).

 

Quatre courses en quatre semaines, ça sent la fatigue tout ça ! Pour aucune raison, il ne faut rater ce rassemblement des amateurs de trail dans un des plus beaux villages de France qu'est Mirmande (26). Trois distances aux programmes, repartis sur deux jours, le menu est alléchant : chez NB, c'est Mika qui se collera au doubler, course de montagne le samedi et trail le dimanche. Pour ma part ce sera, le petit parcours de plus de 23 kilomètres le dimanche matin. Là aussi le départ est commun au deux courses, et cette fois rapidement je m'installe à une troisième place. La bagarre sera bien là mais seulement pour la place de dauphin, car devant personne ne reverra le vainqueur du jour, l'excellent Fabien MERCHAT. Je termine finalement deuxième pour mon premier vrai trail en 2013, finalement pas si mal !

 

En avril, ne te découvre pas d'un fil...Faux ! Pour l'urban trail lyonnais, la journée s'annonce ensoleillée et chaude. Le départ matinal à sept heures, nous sauve malgré tout. Pour ma part la course est magnifique, ludique et bien maîtrisée. Il faut précisé que sur ce parcours de 36 kilomètres, je manque de préparation, autant du bien de vue dénivelé que celui de la distance. Le plateau du jour est monstrueux, à l'armada presque complète des salomon's boys, s'ajoute pas mal d'autres champions. Dans ce contexte ma 9ème place est juste super correcte et à la lecture du classement, je me vois intercalé entre un certain Jonathan Wyatt et mon pote Mika, je ne peux juste dire que je suis satisfait de cette belle journée.

 

Le 1er mai est traditionnellement la fête du travail, mais pour les gars en préparation d'un ultra, la logique voudrais que l'on fasse du volume. Chose prévue, chose faite : ce jour sera sortie longue, soit trente minutes de footing, un dix bornes officiel, et 45 minutes de dénivelé et récupération, ouf !

Sur la course du muguet, je renoue avec la victoire avec un « mano à mano » mémorable face au champion local, Jérôme (Delorme). 32 minutes et 16 secondes plus tard je m'impose au sprint, sur un parcours ultra plat, capitalisant encore un peu de confiance en vue de la prochaine échéance.

 

On y est...Crest c'est aujourd'hui, samedi 11 mai, 3h30. Un beau plateau est annoncé pour ce magnifique ultra drômois. Un départ très prudent à la lumière de la frontale, un retour en tête après 3 heures de courses et un passage en tête à Saillans avec un trio composé de Fred (Desplanches, le Mr challenge), de l'italien Bruno (Brunod, Mr skyrunnig) l'histoire semblait bien engagé à l'attaque des trois becs, juge de paix de ce 105 kilomètres. Les ascensions successives de Cresta, du Pas de la Motte et des trois becs, seront pour moi un véritable chemin de croix. Épuisé, je serai contraint à une mini sieste puis d'une pause avec mon ami Mathieu (en gentil bénévole à l'approche des 3 becs). A un moment (très) proche de l'abandon, il me faudra les encouragements de Jack pour me ressaisir. Le reste sera un savant mélange de pensées positives et d'alimentation pour retrouver les jambes nécessaires pour un fighting finish ! Je reprends la deuxième place à 6 kilomètres de l'arrivée et en termine deuxième en 13h15 environ, loin derrière le tenant du nouveau record établie ce jour en 12h49, Mr Frédérique ! Chapeau bas mon pote !!!

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