Retour chez les aventuriers du bout de Drôme

Premier ultra de l'année, ça promet!

Les aventuriers du bout de Drôme, 11 mai 2013.becs-vallee.jpg

 

Tout commence ce vendredi, un jour légèrement ensoleillé du mois de mai. Le rassemblement des boulimiques de kilomètres a lieu ici aux portes de la Drôme provençale et du Vercors. Au programme de ce long week-end, pas moins de 6 distances sont balisées, et il existe même un challenge qui permet de cumuler l'ultra du samedi avec le maratrail du dimanche !

 

Aujourd'hui, je retrouve la quasi totalité des copains NB pour une séance shooting photo et tournage vidéo. Pas le temps de stresser, le repas de veille de course arrive vite. Le riz et les pâtes avalés, rassasié je retrouve mon petit lit à l’hôtel de « la salène » pour une courte nuit. Réveil à 02 heures du matin, je rejoins la salle du départ pour, dans l'ordre, un petit déjeuner, un contrôle des sacs et la finalisation de la préparation/équipement. Le plateau, cette année, est de qualité. La bataille risque d'être rude sur les trois becs.

 

Départ 03h30, comme d'habitude, avec neutralisation de la course sur les deux premiers kilomètres environ, de manière à rejoindre les hauteurs de Crest, au dessus du donjon, groupé. Un quart d'heure plus tard, le véritable départ est donné. Aux lueurs des frontales, c'est une farandole de coureurs qui s'élance sur le premier monotrace en crête. Je pars, très prudemment accompagné par Alexandre (Meyer), et la première partie de course dans la nuit se déroule pas trop mal. On discute de tout et de rien, les minutes s'écoulent, et les kilomètres également. Le parcours est extrêmement boueux, j'ai déjà les pieds trempés. On traverse plusieurs coupures humides, et bientôt les premiers lumières de l'aube apparaissent. Cela fait maintenant près de trois heures que l'on avance et je suis surpris du rythme imposé par la tête de course. Une hésitation en bord de route permet à une dizaine de traileurs, de se rassembler. J'ouvre la route.

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On est maintenant un quatuor à progresser ensemble : deux italiens et deux français. Si la présence de Fred, multiple vainqueur ici me rassure, c'est fier d'être avec une légende comme Bruno que j'évolue dans ce début de journée. Devant, un autre groupe possède déjà plus de 7 minutes d'avance.

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On passe Cobonne et on rejoint les contreforts du Vercors ; la vue est magnifique, le rythme effréné, on aperçoit des coureurs juste devant. Fred continue à donner la cadence en tête de notre joyeuse petite bande. Je pense que l'on revient sur les échappés. On accélère encore un peu et on rejoint le nouveau pointage, en leader... Oh ! Là il y a un problème, on aperçoit Jack, qui nous annonce que l'on a loupé une bifurcation.

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On a pris un sentier à la place d'une trace en crête sur environ deux kilomètres. Bilan : pénalité au prochain ravitaillement de sept minutes, soit l'écart de Cobonne. On discute avec Fred, pourtant sûr de nous (le parcours de l'année 2011 était bien celui là), mais on comprend bien que l'on s'est trompé, il faut maintenant l'expliquer à nos amis transalpins. Derrière j'imagine que ça grogne, mais nous ne tirons aucun plaisir de cette erreur et vexé par l'obtention d'une pénalité j'augmente le rythme du groupe.

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Mirabelle : ravitaillement et arrêt provisoire. Les sept minutes s'écoulent, personne ne nous a rejoint. Énervé et avec le sentiment d'avoir été puni pour rien, je relance immédiatement. Mes camarades soufflent mais s'accrochent, je donne le tempo jusqu'à l'approche de la dernière ascension avant Saillans. Nous sommes maintenant trois en tête, et dès les premiers hectomètres des « Essarts », je lâche prise. Je serre les dents, et après les quatre kilomètres de grimpette (passage à 30% quand même) je repars à l’attaque , la descente se termine, et je retrouve mes deux compères. Groupés, nous arrivons à Saillans pour le gros ravitaillement et le contrôle médical avant les grosses difficultés.

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Je me sens un peu entamé, et un début d'allergie n'arrange rien. Dans le doute, je coupe court à cette pause et repars en direction des 3 becs en tête.

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Dans cette longue escalade vers Cresta, je suis en tête une dizaine de minutes puis « éclate » littéralement, puis laisse partir le binôme des costauds. Idiot j'ai tenté le mode « hydratation only » sans jamais ne l'avoir tester auparavant.

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La boisson « ergysport » est efficace pour un gaillard de 80 kgs mais après 8 heures de course, je conseil tout de même un peu de solide. Avec la faim, j'avale quelques bouchés de barre MX3, le solide sucré ne passe pas... « pfiou ça va être long », ce sont les mots que je pense à haute voix.

La fin de Cresta coïncide avec la première descente très engagée et en devers...le genre de piste que tu craints quand t'as les jambes lourdes. Pfiou je me répète mais ça va être long, très long.

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Je retrouve la piste qui permet de rejoindre l'ascension des Auberts aux trois becs via le Pas de la Motte.

J'aperçois Jack, qui comme souvent, va chercher (et trouver bienheureusement) les mots pour me ré-motiver. Je cours quelques centaines de mètres et marche à nouveau...Je suis épuisé et même les encouragements et les clichés de Pascal ne changent rien.

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J'évolue en titubant sur le parterre de feuilles mortes. Une grosse pierre bien plate me tend les bras : je m'assois, et me prend la tête entre les mains soutenues elle même par mes bâtons. Cette sensation de détente me berce, j'ouvre les yeux. J'ai l'étrange impression que ce moment à durer. Je cherche mes repaires, et je constate qu'au moins quinze minutes se sont écoulés, je me suis endormis. Je reprends mon chemin de croix, et retrouve Mathieu au « Pas de la Motte ». Nouvelle pause : je lui « emprunte » quelques gâteaux salés type apéro. Parfais, c'est ce qu'il me manquait.

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A l'attaque...des trois becs ! Vite je me détends ou plutôt les trois petites côtes me calment.

Curieusement, ça va mieux, je peux m'alimenter à nouveau, cet en-cas au goût salé me permet de retrouver la forme. Je dévale dans la grande combe, et finalement assez rapidement au pavillon de la forêt de Saou où je croise mon ami Vincent et son fils. Il ne m'en faut pas plus pour repartir le sourire aux lèvres.

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Un beau sentier montant puis une piste longue mais descendante permet de rejoindre le sentier d'accès au Pas du Faucon. Je rattrape tranquillement des coureurs du parcours 35kms, et me lance dans cette dernière descente vertigineuse.

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Le parcours agréable dans un bon jour, devient éternel quand la fatigue dévore inexorablement l'ensemble du corps. C'est avec beaucoup de plaisir que j'aperçois le centre équestre. J'entends encore des encouragements de la part de coureurs que je double, décidément l'esprit trail est grandiose.

Oh, je vois Olivier, en cameraman/spectateur, qui lui aussi m'aide par ses mots. Il m'annonce de plus, la présence de Bruno à moins de deux minutes. Il ne m'en faut pas plus pour relancer.

Il reste entre 6 et 8 kilomètres avant l'écurie et la Chorba, alors je me lâche !

Je rattrape Bruno, échange quelques mots avec lui, et relance à bloc. Soulagé d'en finir j'appel ma fiancée pour la rassurer et lui confirmer que serait bien en état pour profiter des vacances. Je termine à fond pour rentrer, heureux d'en finir, dans cette si jolie ville de Crest.

C'est sur le podium au milieu d'une salle comble que je fais les derniers mètres. L'ambiance est magique. Nous nous retrouvons tous les trois, avec Fred et Bruno pendant que Ben gagne le 12 kilomètres sous nos yeux ! C'est ça l'ambiance du Challenge Charles et Alice !


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Un grand merci à tous : bénévoles, organisations, copains, coureurs,... et un grand merci à Pascal "photogone" pour ses super photographies à retrouver ICI


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Commentaires (2)

FRed
Bonjour Bastien,
toujours un réel plaisir à lire tes récits de courses avec toujours une fine analyse de la situation, malgré ta fatigue sur cette distance, on revit la course avec toi.
Pour ma part blessures à la chaîne sur 2 ans qui n'en finis pas, plus poids,et pas une compétition depuis 2010.....
Rafraîchissement de mémoire disons que j'affectionner le parcours du Trail de Chamaret "le rouvergue" ou on se tirait la bourre à l'époque !!!
te souhaite encore de beaux podiums
Fred
moi même
  • 2. moi même | 11/06/2013
Salut Fred,
je me souviens bien de toi et de nos courses en sud drôme! Merci à toi pour ton commentaire bien sympathique.
J'espère que tu pourra revenir et que l'on se croisera à nouveau.
Merci encore, et à bientôt
Bastien

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