Spartan Race "Beast" 2014 France, Le Castellet

Spartan Race "Beast" Aroo!

C'est l'histoire... non c'est plutôt le récit d'une aventure que je vais vous conter.

Spartan race spartan logo2

 

Tout commence cet été. Amateur de sports extrêmes, je suivais depuis quelque temps les courses à obstacles, en particulier les « Spartan Race ». Quand le site « Urun » lance un jeu pour gagner des dossards sur la course « Made in Reebok », je saisis ma chance et remporte le fameux sésame pour participer à la « grande » course du Castellet, le week-end des 11 et 12 octobre 2014.

Je vais donc courir les 20 kms de la « Beast » agrémentés de nombreux obstacles : monté de corde, franchissement de barricades, rampé, nage, saut, porté, etc...

 

Pour être honnête, je marque cette course sur mon calendrier et me fixe là un de mes objectifs de la saison. En revanche, je suis un peu perdu quand il s'agit de prévoir un plan d’entraînement. Je pars donc sur une préparation typée « trail » de 20-30 kms. Je muscle également mon dos. J'oublie un peu le travail spécifique, surtout à cause du manque de matériel adapté.

 

Les jambes sont efficaces à moins de deux semaines de l'échéance, mais je dois assumer un stage professionnel la semaine précédente. Au peu de sommeil s'ajoute une quasi absence d’entraînement, ce qui est, certes, parfait pour faire du jus, mais moins évident pour gérer la préparation mentale.

Le vendredi 10 septembre, je suis enfin disponible pour rejoindre le Var. Les intempéries et les départs en week-end ne me permettent pas de dénicher facilement un train pour descendre. Je trouve malgré tout un train ainsi qu'un hébergement sur Toulon, mais je ne suis pas encore tiré d'affaire. En effet, le Castellet n'est pas à côté de Toulon, là encore ma bonne étoile me permet d'être sauvé par Maxime, un ami, qui me dépose samedi matin sous l'orage au Circuit Paul Ricard.

 

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La course

 

Arrivé vers six heures et demie, j'apprends que la course va être décalée d'une heure pour sécuriser le parcours une fois l'orage terminé.

Je suis vraiment en avance, ce qui me permet pour une fois de récupérer mon pack coureur de manière sereine, et j'en profite pour discuter avec mes copains spartiates du moment. Une bonne ambiance flotte au départ de la course, même si l'on peut lire sur beaucoup de visages une note d'appréhension bien naturelle.

Inscription

 

Quelques minutes avant dix heures, je retrouve Sébastien, et je m'échauffe une dizaine de minutes avec lui. Nous rejoignons rapidement la ligne de départ sur laquelle nous retrouvons Michael. Les départements Drôme et Ardèche sont bien représentés !

 

Pour suivre mon récit je conseil de lire en même temps cette excellente vidéo :

 

 

Le départ

 

Malgré la bonne humeur, l'ambiance devient tendue, les visages se referment à quelques secondes du départ. La compétition reprend son droit. Le départ est digne d'un lancement de cross régional. L'on commence par monter sur une butte qui surplombe le circuit, puis on enchaîne des montées- descentes sur cette butte. Les pierres parsemées sur le parcours rendent assez piégeux ce début de course. Prudent, je regarde s'échapper Sébastien sur ces premiers hectomètres. Le parcours devient maintenant plus roulant, j'ai les jambes de feu. Je prends les commandes et franchis en tête le premier obstacle : deux passages sous barbelés placés assez haut, que l'on peut franchir en baissant le dos.

 

Je continue en tête et m'attaque maintenant à des obstacles naturels formés avec des troncs d'arbre, l'on passe par dessus puis dessous. Le jeu n'est pas si facile surtout que les arbres sont parfois disposés en devers, ce qui rend l'exercice de franchissement délicat.

Mur haut1

Les fameux murs en bois arrivent, là encore c'est du par-dessus, par-dessous. Ma fraîcheur et ma technique me permettent de ne pas trop ralentir.

On continue sur un long passage dans la boue pour rejoindre le porté de bûche. Je suis à l'aise dans cet exercice. Nous sommes déjà un petit groupe d'une dizaine de coureurs à nous détacher, et pourtant la route est encore longue, très longue.

Nage

Quelques centaines de mètres à courir à nouveau, et là il nous faut traverser une mare à la nage. On sort et on enchaîne avec le passage au-dessus d'un mur d'enceinte grâce à des planches disposées à la manière d'une échelle où l'on aurait oublié des marches ! En haut, il faut sauter pour attraper une « asperge », tube vertical comme une barre de lap dance ;-) qu'il faut descendre ! (c'est là que Michael se blesse, mais ça je ne l'apprendrai qu'à la fin de la course).

Running eau

On poursuit sur une boucle en sous-bois, alternant entre un chemin forestier et un petit lit de ruisseau naissant créé par l'orage récent. Se dévoile au demi-tour le premier rampé dans l'eau et sous les barbelés. Moi qui pensais que la sécurité empêchait d'utiliser ce genre de dispositif, je me suis bien planté : les barbelés sont réels !!! Aleix, l'espagnol, prend maintenant les commandes.

 

 

 

On franchit à nouveau le mur d'enceinte grâce à deux poteaux disposés parallèlement, puis on descend dans un genre de gros tube...

Un rapide verre d'eau au premier ravito et on rejoint le circuit sur lequel on va courir une boucle en portant un pneu. On court côte à côte avec l'espagnol maintenant. C'est le premier tronçon roulant. Environ un kilomètre pour rejoindre les obstacles suivants : d'abord franchissement de ce que j'appelle l'échelle horizontale!

Barre

 

Ce sont des barreaux horizontaux à attraper pour se déplacer. On enchaîne de suite avec le levé de poids à l'aide d'une corde posée sur une poulie.

Souleve

Les bras chauds, on poursuit avec le passage dans une benne remplie de boue. Puis on escalade une pyramide de bottes de paille.

Pyramide

 

On peut à présent se rincer en traversant une étendue d'eau. Sur celle-ci flottent des rondins de bois, et il faut alternativement passer par-dessous ou par-dessus.

 

Je me retrouve maintenant troisième, moins à l'aise que mes camarades dans l'eau, surtout pour déterminer l'emplacement de certains rondins difficilement repérables.

Tunnel

On continue à travers un long tunnel, puis on évolue dans un pierrier avant de retrouver une nouvelle difficulté : un rampé dans l'eau ! Petit à petit, je perds mes camarades de vue.

 

On continue avec un monté de corde (avec nœuds), puis on enchaîne de suite par le franchissement d'une grosse toile d’araignée : un filet suspendu permet de monter sur l'obstacle, puis un filet horizontal permet de le franchir, enfin un dernier sert à en descendre.

Filet 2

 

Les filets ne sont pas tendus, le spartiate doit avancer en gardant l'équilibre et à la force des bras. Filet

Un nouveau rampé dans la glaise et on passe un nouveau « dessus dessous » entre les murs en bois (qui paraissent déjà plus hauts qu'au début), les difficultés s’enchaînent !

 

 

Le parcours devient plus vallonné, à la faveur d'une montée je constate que l'écart avec mes prédécesseurs est devenu substantiel. J'ai un passage dans le dur.

Un nouveau jeu se dévoile : un pneu et sa corde à tirer jusqu'à ce que cette dernière soit tendue, puis retour au point de départ en tirant sur cette satanée corde.

Nouveau long passage de footing, la boucle me permet de faire un constat assez négatif : devant ils sont loin, derrière ils sont proches et groupés...

 

Je relance jusqu'au nouveau jeu : soulevé de pneu encore en mode aller-retour. Je ne traîne pas. On évolue maintenant dans une ambiance plus nature qu'au début. Aux griffures causées par les barbelés s'ajoutent à présent les écorchures des ronces. Une nouvelle boucle est à faire, avec cette fois un poids accroché à une chaîne, un peu comme un bagnard et son boulet.

On enchaîne sans trop réfléchir, jusqu'à l'exercice de mémorisation : je m'en souviens encore « Bravo 056 2448 » à retenir.

Je repars en ressassant ce fameux code. A défaut d'être ludique, cette épreuve permet de s'échapper un peu de la course, du moins mentalement, car le nouveau porté de sac nous rappelle rapidement que l'on est là pour en … euh... pour s'amuser ;-)

On évolue toujours dans cette végétation assez inhospitalière pour rejoindre un nouveau franchissement, celui de murs en bois, inclinés vers nous. L'exercice n'est pas évident.

L'évolution de la course me rappelle celle d'un ultra, le paysage devient clairsemé, et la vue lointaine me fait prendre conscience de ma solitude de course. Je n'entends personne, ni devant, ni derrière.

Malgré mes relances, j'oublie les deux places de devant et me focalise sur un hypothétique retour de l'arrière.

J'en profite pour boire à nouveau sur ce petit ravitaillement, avant de retrouver un porté : il faut remplir un saut de gravier et le transporter une boucle vallonnée. Je retrouve le goût de la bagarre quand je constate que je rejoins le deuxième. J’accélère et, à la faveur d'une descente, je prends la place de dauphin.

En mode chasseur déterminé, je reprends un sac à porter, mais la côte à gravir ferait mal même aux meilleurs traileurs. Les informations concernant mon retard sur Aleix divergent : dans la même centaine de mètres, je suis à la fois à une et trois minutes de retard.

C'est pas grave, je m'accroche. Nouveau passage de filet, je sens que je fatigue. Je laisse le dernier ravitaillement, et retrouve le seul obstacle que j'appréhendais avant le départ : le lancer de javelot ! Et comme prévu, c'est l'échec !  30 burpees à effectuer !

Durant ces deux minutes, tout se bouscule dans ma tête, je scrute l'arrivée potentielle des gars derrière moi.

J'en termine, personne en vue ! Ouf ! Je sens la fin de l'épreuve, je me dis maintenant que ma deuxième place est belle et je commence à savourer.

La tête ailleurs, c'est durant ce court moment de relâchement que ma cheville se tord. Le terrain n'est pas facile mais ce n'est pas le moment de se morfondre. Je sers les dents et m'accroche.

Long rampe

Et là c'est la surprise : je vois Aleix devant moi, il évolue sûrement sur l'un des derniers obstacles : le rampé d'environ 100 mètres. Ce que je ne sais pas, c'est qu'il va me falloir plusieurs minutes pour le franchir. Allongé au maximum, la tête enfoncée dans la boue, je sens les extrémités du barbelé me lacérer le dos. J'avance malgré tout, encouragé par les spectateurs, je sais que la fin est proche.

Mur incline

Il reste juste un plan incliné à franchir à l'aide d'une corde et un mur à dépasser et enfin on voit l'arche d'arrivée.

Vainqueur

Je savoure et m'applique à sauter proprement au dessus du petit feu de bois. Saut 1

J'en termine en 02h05, soit 5 minutes derrière l'espagnol Aleix, bien plus fort que moi aujourd'hui.Arrivee 2

Derrière, Maximilien complète le podium en 02h12.

Podium2 2

Sur l'aire d'arrivée, l'ambiance est excellente, la compétition laisse place à l’enthousiasme et au sentiment de fierté d'avoir bravé ces 20 kilomètres et la multitudes d'obstacles.

 

Après course ou presque...

 

Je reste dans cette aire d'arrivée, jamais je n'ai apprécié rester aussi longtemps ainsi. Je me ravitaille, je discute et j'attends Sébastien et Michael.

Je n'ai maintenant plus le temps d'attendre. Je participe à la course suivante : le sprint soit 5 kilomètres avec une grosse partie de parcours identique !

Le temps de changer de puce et me voilà au départ...ou presque. Je le loupe de deux minutes environ. C'est pas grave, je suis en mode décrassage. Je rejoins le gros de la vague au bout de deux kilomètres et termine avec la futur championne du week-end : Hélène, spartiate canadienne, qui sera par la suite trois fois sur le podium (dont deux victoires!) et s'imposera sur le sprint !

 

La cérémonie des récompenses de la « Beast » approche, je me décrasse sous le jet d'eau et monte sur ce beau podium. J'échange avec les lauréats du jour et d'autres spartiates tous aussi sympas les uns que les autres. : Marion, Jérémy, Thomas, et j'en oublie, désolé !

Podium 9

 

Maintenant place à la récupération et à la reprise de l’entraînement car là, c'est clair, je ne resterai pas sur une deuxième place !

J'espère également trouver le soutien nécessaire d'un sponsor pour pouvoir évoluer dans un circuit international, parce que les voyages à l'arrache et les retours en mode auto-stoppeur, ça va bien 5 minutes !... les trophées sont trop lourds ;-)

 

 

 la presse

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