Championnat du Monde de Spartan Race 2015

Championnats du Monde de Spartan Race 2015, Squaw Valley - Lac Tahoe, Californie (U.S.A.)

Une aventure américaine extraordinaire.

 

Spartan race world championship 2015

 

Ce n'est pas le récit habituel d'une petite course que je vais vous conter là mais plutôt une histoire qui restera à jamais gravée dans ma petite mémoire qui est, comme tout le monde le sait, celle d'un poisson rouge !

Tout d'abord, l'aventure est collective et je n'ai pu la vivre que grâce à votre soutien. Je pourrai également dans les semaines qui viennent faire un don à l'association « les Étoiles Bleues » et c'est juste génial. Je souhaite donc remercier Rémy « Smx », Pierre-Guy, Juju, Samuel, Morgan, Vincent, Michael, Fred, Rémi, Émeric, Benoît, Élodie, Mary, Eva « Bulle », Jean-Mi, Julian, Michel, Julie&Thomas, Séb « obstacle.fr », Fabrice, Carla, Corinne « Nikita », Jérémy « Croquette », Philippe&Isa et Richard.

 

For team

 

 

Dday

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je désire aussi souligner mon arrivée au sein de la F.O.R. Team et l'aide que Mikhaël m'a accordée.

Je confirme ma nouvelle fonction d'ambassadeur de la D-Day Race et suis honoré de la confiance ainsi accordée par Jean Charles et son équipe.

Enfin je voudrais mettre en avant des personnes qui me permettent de m’entraîner et me font confiance pour porter leurs couleurs lors des compétitions locales, nationales ou même internationales, à savoir Philippe de « Rando-Running » Bourgoin Jallieu, la salle de sport « Fun&Fitness » de l'Isle d'Abeau, les excellents conseils du coach Frank, et pour finir l'aide nutritionnelle de Gregory « Nutrinium » de Tours.

J'en terminerai par un grand merci à l'équipe Spartan Race – Reebok France pour les tenues Team France très sympas !

 

Team france

 

Je peux maintenant commencer à vous raconter mon extraordinaire aventure. Tout commença en l'an de grâce 2014 lors d'un petit jeu anodin via Facebook et le site I-run. Chanceux, pour une fois, je me retrouve invité à participer à la Spartan Race « Beast » (20 kms-40 obstacles) du Castellet. Habitué des trails et tout juste néo « obstacle-racer » suite à ma participation pour rigoler à la Mud Day de Lyon quelques jours auparavant, je décide de descendre sur le fameux circuit Paul Ricard pour vendre chèrement ma peau.

Je termine second sur cette superbe épreuve et devient fan des Spartan Race. Je décide de me préparer durant l'hiver dernier pour les courses à obstacles. Je gagne deux fois en début d'année (Race Against Nature à Fontainebleau et Spahis Race à Valence) et me déplace à Cologne sur le format Super (13 kms et 25 obstacles). Je termine second et empoche, par la même occasion, ma qualification pour les championnats du monde.

Je décide de lancer un financement participatif pour m'aider à aller aux Championnats du Monde et également pour soutenir une association qui me tient à cœur, les « Étoiles Bleues ».

La préparation est optimale durant l'été. Je participe alors aux Championnats d'Europe de Spartan Race un mois avant les Mondiaux. C'est là que cette blessure apparaît : une douleur étrange à la hanche qui se déplace de l'aine au fessier en passant par l'extérieur de la hanche... Je termine les championnats d'Europe après avoir couru 29 kilomètres sur 31 en boitant. Déçu et inquiet, mais pas abattu ; grâce à un excellent travail de Yann, l'Ostéo de Bourgoin, et à deux semaines de repos, je me relance quinze jours après sur la Super de Paris et termine second en courant l'épreuve sur la retenue.

Nous décollons donc avec ma femme fin septembre pour les États-Unis. Un travail de recherche de Geek me permet de boucler un périple avec un budget hyper serré : billets par « ebooking » avec étapes dans différentes villes (New York, Las Vegas, San Francisco), hébergement chez l'habitant ou en hôtel avec méga-promo et la cerise sur le gâteau la location, grande classe, d'une « Camaro » au prix de l'entrée de gamme grâce à une promo de dernière minute. Tout est bien qui commence bien !

Je décide dès les premiers jours de profiter du cadre extraordinaire qu'offre « Central Park » à New York pour vérifier que tous les voyants sont aux verts : et là c'est la douche froide. Je ne parviens presque pas à courir ! La vilaine douleur des semaines précédentes est à nouveau là...

Je suis au fond du trou. Ma femme Stéphanie, d'un soutien sans faille, me remonte le moral et parvient à me faire relativiser et profiter de l'instant présent. Je reçois également des messages géniaux des quelques personnes qui connaissent mon état. Tout le monde me soutient mais, malgré tout, j'ai l'impression de trahir les gens qui croient en moi.

De toutes manières, je suis là, aux US, et ce n'est pas en broyant du noir que je vais guérir... Je choisis donc de profiter de ce somptueux voyage et de positiver chaque jour en attendant l'échéance.

Une fois arrivés en Californie, si l'organisation est quasiment sans faille, j'avoue avoir loupé une étape. En effet, je n'ai prévu qu'un hébergement entre Los Angeles et la Squaw Valley, lieu de la course. C'est donc complètement surpris puis atterré que je découvre que, malgré une distance normale, notre GPS nous annonce près de huit heures de route la veille de la course.

Nous décollons à l'aube ce vendredi et nous rallions notre ultime hébergement chez l'habitant en roulant toute la journée ! Rien de tel pour être en super forme avant une course... Heureusement je retrouve la Team France à une heure honorable et, grâce au super accueil de notre hôte « Airbnb », nous parvenons à nous faire un repas très équilibré et à nous coucher tôt. La nuit est bonne. En effet, la journée fut tellement épuisante que même le stress d'avant-course ne parvient pas à me tenir éveillé.

Il est six heures quand je récupère l'ensemble de mon paquetage course : bracelets – bandeau – puce. Je pars m'échauffer ou plutôt me réchauffer... la température à cette heure est proche de zéro.

Concentration

Rapidement je me rassure sur mes sensations, rien d'inquiétant pour le moment. J'avoue que je ne force pas trop la machine quand même. Nous sommes en place à quelques minutes du départ, en groupe France très soudé car très gelé aussi. Le départ prend du retard et mon échauffement est désormais loin derrière. D'abord torse nu, je parviens à remettre un peu ma veste grâce à la proximité de Stéphanie. Malheureusement un peu tard car je claque des dents à présent et je tremble de tous mes membres. Même le magnifique hymne américain chanté à cappella ne parvient pas à me réchauffer.

Premier mur

Placé loin sur la ligne de départ, je dois m'employer pour doubler bon nombre de coureurs trop lents à mon goût sur ce départ de course.

Depart 8

Il fait très froid et j'ai le goût du sang dans la bouche. Les premiers sauts dans les trous d'eau me gèlent littéralement. On enchaîne par deux sauts de murs. Le premier sentier monotrace apparaît. Je suis loin et une très longue ligne de coureurs se forme. Je ne parviens pas à doubler à cause de l'étroitesse du chemin, ce rythme n'est pas le mien. Je continue donc à subir le froid.

Filet 1

Nous redescendons sur la zone proche du lieu du départ où le public, nombreux malgré le froid, s'est amassé. Il faut franchir un filet de cargo avant d’enchaîner un monkey-barre made in USA ! À la place des barreaux à même hauteur sur les Spartan européennes, ici les barreaux sont disposés aléatoirement, un en haut, un plus bas, puis haut, etc... L'exercice est dur mais faisable, cependant je n'arrive pas à maintenir une force suffisante pour franchir la totalité de la longueur de l'exercice. En effet, j'ai les doigts si engourdis que le contact sur les barreaux gelés ne donne rien de bon. Me voilà pour ma première série de trente burpees.

Monkey 1

Finalement peu déconcentré et maintenant réchauffé, j'attaque les chemins montants en direction du sommet de la montagne qui se dresse devant nous.

Run2 1

L'ascension se déroule plutôt bien, je retrouve Martin.

Les jambes répondent bien, je suis en pleine euphorie. J'enchaîne les obstacles assez facilement. On trouve des murs : dessus-dessous-à travers.

Je retrouve le fameux Hercules Hoist : un sac de sable à hisser en hauteur grâce à une corde.

HerculesL'exercice n'est pas aisé mais il passe. On enchaîne avec un franchissement de mur, puis un autre incliné. Il faut maintenant transporter une bûche de bois sur un aller retour dans le pentu.

Wc4

La grimpette continue, nous sommes sur un véritable format de skyrunning.

Montee 3

 

J'atteins maintenant le sommet où la vue est magnifique. On voit le Lac Tahoe et les alentours, c'est somptueux. Je commence une descente relativement propre et une première douleur s'annonce. Je sens que le bas des abdominaux et la jonction de l'aine sont douloureux. Habituellement très à mon aise en descente, je préfère gérer prudemment l'exercice. Un nouvel aller-retour dans la pente est à effectuer avec un sandbag.

Sandbag

Là encore je suis plutôt pas mal et je me permets de doubler quelques coureurs.

Puis une longue descente, entrecoupée d'un franchissement de deux haies successives, nous permet d'atteindre l'obstacle suivant : la traversée d'un lac à la nage. Le port du gilet est obligatoire et je comprends vite pourquoi.

Lac 2

Nous sommes trois à nous élancer à peu près en même temps et nous sommes tous dans le même état dans l'eau. Sa fraîcheur nous saisit. Il en est difficile de respirer. Je tente un crawl propre mais je m'aperçois vite que mettre le visage dans l'eau est une mauvais idée. Alors je continue d'évoluer dans un style entre la nage du chien et celle d'un condamné jeté à la mer. La sortie de l'eau est surprenante, j'ai les jambes chancelantes mais heureusement les premiers rayons de soleil ont fait leur apparition, ce qui nous permet d'avoir une légère sensation de chaleur. Je dois à présent transporter deux bûches de bois à bout de bras grâce à deux chaînes fixées dessus. Je repars et m'arrête à nouveau : tirage d'une espèce de brouette sans roue.

Ramp6

Arrivent ensuite les barbelés, il y a quatre portions de trente mètres environ à enchaîner sous forme d'aller-retour et, à chaque extrémité, un mur est à franchir soit par-dessus soit en passant dessous, la tête dans l'eau.

Ramp5

Wc2

Les obstacles sont maintenant très rapprochés les uns des autres. On poursuit avec un grimper de corde. L'on doit maintenant porter une boule en pierre sur un aller-retour avec cinq burpees au demi tour. La boule est très lourde et je perçois les premières crampes au moment de décoller l'objet du sol. Ensuite on s'élance sur une corde tendue à l'horizontale que l'on doit franchir en tyrolienne.

Tyroliene

Enfin arrive l'épreuve du javelot... et c'est une première réussite pour moi !

Je relance immédiatement mais les jambes en décident autrement, car les crampes apparaissent pour de bon cette fois. Je continue difficilement ma descente. Un mur se dresse devant nous, il doit mesurer environ quatre mètres. Le bas du mur est plein sur les deux premiers mètres environ puis composé de lattes espacées. Il faut effectuer quelques tractions successives pour se hisser au-dessus de l'obstacle.

Run dpart

Je repars dans la descente et arrive sur une des dernières épreuves : il faut porter un seau de terre à bout de bras dans une pente et revenir au point de départ. Je charge le seau à l'imitation des autres concurrents. Un bénévole me dit que c'est « ok » ! Et là je me surprends à dépasser plein de gars. Les mecs sont à bout. Je rejoins même le champion d'Europe 2014, Peter Ziska. Je navigue vers la 25ème place et je sais qu'il reste moins d'un demi-mile. J'arrive à la fin de la boucle quand un arbitre me dit qu'il manque un peu de terre, ça se joue à un demi-centimètre. Je lui explique que l'on ma dit que c’était bon et je vois les autres avec le seau bien moins rempli continuer leur course... je suis fou ! Il me dit : « soit tu refais le tour soit c'est fini ! » J'ai mis près de dix minutes pour faire la boucle. Pas le choix je repars. Je retrouve les copains qui commencent leur tour et me demande ce que je fabrique. Je double les gars la rage au ventre. J'ai un énorme sentiment d'injustice. J'ai tout fait dans les règles. L'exercice est usant physiquement et mentalement. Je ne lâche cependant rien. Je repose le seau et repars à bloc dans la descente. Je crampe. Je marche. J'ai mal mais je relance.

Mur

Deux murs à franchir et une poutre à sauter puis un nouveau run avant une descente; j'aperçois Martin au loin, je reviens sur lui. On attaque le dernier mur d'escalade à franchir à l'horizontale grâce à des prises en bois. On évolue ensemble. Il nous reste l'ultime platinium reg. Une barre de traction perpendiculaire au sens de progression puis des anneaux et des cordes sont disposés en l'air et il faut franchir toute la longueur.

Final 4

Épuisé de ma punition précédente, je rejoins très vite la zone de burpees synonyme d'échec. J'en termine en 03 heures 05. Exténué et terriblement frustré. Je sais que je pouvais rentrer dans les 30 voir les 25 sans cette injustice. Me voilà finalement 42ème ! Je vois Isaiah, le champion américain, qui vient me donner une accolade chaleureuse. Je suis malgré tout ravi d'en finir et d'avoir pu défendre mes chances.

Jon martin moi

 

Je remercie l'organisation américaine qui fut grandement à la hauteur (sauf pour le retard sur le départ et pour un de ces arbitres ;-) )

Je tenais également à faire une énorme bise à toute la « French Team » pour sa bonne humeur, sa cohésion et son état d'esprit ! Bref, en quelques mots, je suis ravi d'avoir couru sous les mêmes couleurs que vous les amis ! À très bientôt !

 

Fin2

 

Je sais qu'avec du travail je peux approcher le top 15.

Je remercie encore une fois tous les amis qui m'ont soutenu !

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